[A quelques heures du « discours historique »], Alain Bolodjwa décrypte tous les cas de figure évoqués par Félix Tshisekedi

Tout le pays retient son souffle. Le très attendu discours du Chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, est annoncé pour ce dimanche 6 décembre. Dans une interview exclusive, Alain Bolodjwa, le Coordonnateur de la Nouvelle Classe Politique de l’Opposition, analyse tous les cas de figure qui peuvent en découler. Considérant Félix Tshisekedi comme un Président de la République de fait, il dit ne rien attendre de cette allocution. Cet analyste patenté martèle sur la mise en musique de l’article 64 de la Constitution car la population a besoin des solutions durables et non palliatives afin de la mettre sur l’orbite du développement.

AXE NORD SUD MEDIA: En tant qu’analyste et partenaire politique de Martin Fayulu, l’un des leaders de Lamuka, qu’est-ce que vous pouvez attendre du discours de Félix Tshisekedi ?

Alain Bolodjwa: En suivant ce qui avait été dit par M. Félix Tshisekedi lors de son fameux discours, il avait mis en évidence 8 points qui constituaient les points de divergence entre lui et son partenaire Joseph Kabila.

Il avait parlé de la défense, de la sécurité, de la paix, de la gestion du Portefeuille, de la CENI et de la loi électorale, de la territoriale et de la diplomatie. Hormis la CENI et la loi électorale, tous les autres points relèvent du pouvoir du Président de la République et du Gouvernement. Ce qui sous-entend que ce sont des compétences liées entre les deux institutions. Fort malheureusement, M. Félix Tshisekedi dans son mécanisme de recherche des solutions, il a donné l’impression comme cela nécessitait l’implication de tout le monde. Si Félix Tshisekedi veut nous amener dans une autre manière de faire les choses, on risque de croire que sa démarche avait un caractère référendaire ou il va prétendre avoir consulté la population au regard des dispositions de l’article 5 de la Constitution.

Et par la suite, il va prendre ces résolutions ou options qui ont été développées par la population entre guillemets pour imposer une nouvelle conduite de la res publica. Je considère, pour ma part, que c’est un danger pour la République d’avoir des gens qui n’ont pas intériorisé les dispositions constitutionnelles. Voilà pourquoi nous disons qu’il ne dira rien de spécial parce qu’il n’a que deux options, soit il se réfère à la Constitution, soit il se réfère aux statuts de son parti politique (UDPS).

AXE NORD SUD MEDIA: Et si Félix Tshisekedi décidait de la fin de la coalition FCC-CACH, de la convocation d’un dialogue en vue de la formation d’une « Union Sacrée pour la Nation »?

Alain Bolodjwa: Je crois qu’on ne peut pas interdire à M. Félix Tshisekedi en tant que leader d’un parti politique de prendre des initiatives. Et nous savons que les alliances se font et se défont. Il faut faire la part des choses entre le fonctionnement de l’État et les arrangements privés. Parce que la coalition FCC-CACH n’est pas un impératif constitutionnel. C’est juste des options politiques levées entre les parties signataires et qui les engagent.

S’il décide aujourd’hui de mettre fin à la coalition quoi de plus normal parce qu’il n’est pas obligé de vivre dans l’indivision. Il a latitude de retirer sa signature. D’ailleurs, c’est ça sa spécialité. Cela n’engagera nullement la population. Convoquer un dialogue, moi personnellement, je dis oui mais ce sera des solutions palliatives. D’autant plus que nous avons quatre degrés des crises, à savoir: la crise entre la population et les institutions; la crise politique notamment le mode de dévolution de pouvoir; la crise fonctionnelle au sein des institutions; la crise de confiance au sein des plateformes politiques.

AXE NORD SUD MEDIA: Et si Félix Tshisekedi annonçait la dissolution de l’Assemblée nationale et la requalification de la majorité parlementaire ?

Alain Bolodjwa: La Constitution est claire sur ce point-là. Il faut qu’il y ait une crise persistante entre l’institution gouvernement et l’institution Parlement. Ce qui n’est pas le cas.

M. Félix Tshisekedi est membre du pouvoir Exécutif mais n’est nullement membre du gouvernement. Nos amis du CACH confondent le pouvoir et les institutions. Il ne faut pas confondre le gouvernement au Conseil des Ministres qui n’est qu’un cadre d’harmonisation et des décisions du pouvoir Exécutif. De la même manière, nous avons le Congrès qui est cadre d’harmonisation et des décisions entre l’Assemblée Nationale et le Sénat qui constituent le pouvoir Législatif. S’il dissout l’Assemblée Nationale et qu’ endéans 3 mois il n’organise pas des élections, l’on aura un pouvoir totalitaire, l’on va droit vers un chaos, le pays sera mis à feu et à sang.

Cependant, la requalification de la majorité parlementaire de n’est pas mauvais en soi. D’autant plus que la majorité est un fait factuel qui varie selon certaines réalités socio-politiques. Si nouvelle coalition il y a, cela ne peut se faire au sein du Parlement et non en dehors de celui-ci. Mais, Félix Tshisekedi va se buter à l’écueil de l’instabilité de la coalition comme c’est le cas actuellement.

AXE NORD SUD MEDIA: Et si Félix Tshisekedi décidait de la démission du gouvernement Ilunga Ilunkamba et de la désignation d’un informateur?

Alain Bolodjwa: Il va tirer pareille décision de quelle disposition constitutionnelle ? Parce que la compétence est d’attribution. Si Félix Tshisekedi veut faire partir le Premier ministre, il doit passer par le Parlement, seule instance qui a le pouvoir de démettre Ilunga Ilunkamba et son équipe. Si M. Félix Tshisekedi le fait, il va se mettre dans une démarche despotique, il va se lancer dans une gouvernance du Far-west.

Propos recueillis par James Mpunga Yende

Une réflexion au sujet de « [A quelques heures du « discours historique »], Alain Bolodjwa décrypte tous les cas de figure évoqués par Félix Tshisekedi »

  1. Merci cher ami, ton article est un bon zn tout cas. En fait, lorsque le pouvoir se laisse gudé par me populisme des réseaux sociaux, lorsque le pouvoir n’a pas grand chose a proposer concrètement à son peuple pour son bien être, il est tout à fait normal qu’il puisse se réfugier deriere des polémiques purement politique, une façon pour lui de gagner le temps et de rejeter la responsabilité de ses manque de compétence aux autres. L’après la coalition FCC-CASH ma vie continuera belle et bien, mais Felix Chilombo president se trouvera un autre adversaire, un autre bouq émissaire. Voilà pourquoi a mon sens il faut me laisser aller a cohabitation. Le problème de l’UDPS c’est de croire qu’il est le seul parti congolais qui a le monopole de la volonté populaire; or lorsque vous n’êtes arrivés au pouvoir qu’au bout des 32 ans de lutte, on se demande quele majorité populaire ce parti était capable de rassembler.

    Ce que craint Felix president, c’est son échec en 2023; il me semble qu’il est dans une stratégie deja dépassée, selon lequel il faut éliminer ou diminuer politiquement ses potentiels adversaires politiques pour être le seul candidat fiable en 2023. Apres le procès Vital Kamerhe, il fallait assister à l’humiliation du sénateur Kabila et ma dissolution de la coalition qui lui a permis d’exercer tranquillement son pouvoir jusqu’ici. Felix va s’affaire lui même avec la dissolution FCC-CASH, surtout que c’est aussi quelqu’un qui n’a pas maîtrise de la constitution; il ne lit pas la constitution avant de poser ses actes. Par exemple, inviter de son propre chef une armée étrangère pour survoler la capitale, c’est sans en informer personne d’autre que son entourage. Par exemple aussi d’interdire au sénateur de se déplacer pour Lubumbashi sous prétexte qu’il avait un discours important à tenir concernant la coalition FCC-CASH, alors qu’il n’y a jusqu’ici aucun mandat d’arrêt lancer contre me sénateur. Que le président ait un discours a prendre ou pas, cela n’empêche personne de pouvoir voyer, c’est inti constitutionnel et dictatorial cette façon de se comporter vis à vis du sénateur a vis Joseph KABILA.

    Mais malgré toutes ces manœuvres 2023 remettra mes choses en ordre, c’est a dire la reprise de pouvoir par ceux qui ont déjà montré la capacité de bien le gérer.

    Joseph SANKI,
    Penseur libre

    J’aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s