État de siège :Un nouveau concept auquel il faudra s’habituer ! ( Tribune de Kabuya Ndoole Kundos)

Les choses sont graves. La boutade est lenifiante. Cette décision du nouveau Chef de l’Etat confond les esprits, bouge les têtes des politiques dont les mandants sont en ces heures en péril. Qu’est ce qui va arriver normalement ?

Les juristes fouillent encore. Les politologues et sociologues récoltent les faits. Mais l’on sent un tremblement dans les cabinets politiques au niveau des Gouvernements et Assemblées provinciaux des provinces concernées notamment Nord-Kivu et Ituri.

Très surprenant, alors que la pression était énorme pour que la Présidence et le Gouvernement central cherchent des solutions aux tueries de l’Est, la voie choisie par le Président de la République est décriée par les premiers bénéficiaires, je parle de leurs cadres politiques qui apparaissent avec des points de presse et font le tour des médias. Ils ne sont pas préoccupés par la paix tant recherchée mais craignent la perte de la commande de la Province et celle de contrôle des intérêts économiques.

C’est possible que les Gouverneurs militaires et policiers soient des non originaires. Dans ce cas là, le souhait de voir des Congolais d’autres communautés congolaises prendre la commande de la Province du Nord-Kivu trouve de solution sans débat. La force remplace la logique de la démocratie. Le nombre ne dit plus rien mais la force militaire s’impose pourvu qu’il y ait la paix. Après la situation exceptionnelle des politiques exceptionnelles seront également pensées. On ne sait pas à l’instant ce qui adviendra. Wait and see disent les Anglais.

Il a été dit jadis par certains esprits éveillés – je tais les noms – que même sans la démocratie ou la guerre, il arrive que la force des choses change la cour de l’histoire. Au Nord-Kivu l’incroyable risque d’arriver. Ceux qui ne savaient plus vivre sans diriger seront allergiques. Ils apprendront à vivre et à observer comme les autres le faisaient.

Pour Prince Machiavel, le changement s’impose toujours. C’est le moteur de l’histoire. Vous qui êtes aux commandes et à l’honneur, prenez chacun ses dispositions. Ce changement est brutal. Des statuts et fonctions vont bientôt bouger. Réfléchissez sur les scénarios, vivre sans fonction et demeurer visible, c’est l’école des uns. Ils vous y attendent au cas où cette décision tombait. Visiblement celle-ci se confirme parce que le President de la République venait de dire il y quelques heures, je cite : « dans quelques heures les noms des Gouverneurs militaires seront connus »

Que deviendront les Gouverneurs civils élus par les Assemblées Provinciales ?

Que dire du nouveau rôle de ces assemblées provinciales par rapport au rôle de contrôle ? Auront-elles une influence sur les Gouverneurs militaires et policiers ?

Quel sort réservé aux agents d’appoint et les cadres politiques venus au sein des cabinets politiques avec les honorables Députés élus et Ministres Provinciaux nommés ?

Que deviennent les Gouvernements provinciaux ? Les Ministres Provinciaux nommés par un Gouverneur mis de côté (déchu) resteront-ils en fonction ? Les questions sont nombreuses sur cette situation d’exception.

Possible de faire glisser la République vers un nouvel ordre politique. Si cela impose le changement des structures et que la révision constitutionnelle est envisagée, nous seront entrés brutalement dans une 4ème République. Possible d’y tramer la voie pour se débarrasser des Gouverneurs FCC qui ont changé sans idéologie et devenir US. Quelle compromission ? Possible que les opérations militaires non maîtrisées aboutissent à une situation qui change tout.

Personnellement, nous sommes en train de réfléchir en observateur innocent et sans intérêt politique. Un joueur hors du terrain de jeu mais qui entend l’ambiance du match à distance.

Les Maires, Administrateurs et Bourgmestres, que deviennent-ils. Ils restent en place pour s’adapter au style d’administration militaire ou ils sont écartés ? S’ils sont écartés pendant l’état de siège, peuvent-ils nourrir l’espoir de retourner à leurs postes plus tard ?

Mais que dire aussi de tous les groupes armés actifs au Nord-Kivu et en Ituri. Est-ce que les communautés doivent entamer des séries des descentes/séances de sensibilisation de leurs filles et fils pour quitter la brousse cette fois ci sans condition ? Le risque semble énorme pour les jeunes combattants en cas de résistance. Mais le risque est aussi énorme pour le Gouvernement de perdre le contrôle de tout en cas de chaos. Et si la situation degênerait et qu’on assistait à une guerre généralisée de suite de la résistance par les groupes armés ?

Est ce que sur le plan diplomatique les voisins sont prêts à lâcher tenant compte du fait que la guerre de l’est est aussi geo-strategique ? Et si le soutien extérieur aux forces négatives nous maintenait dans une situation inchangée qui embrase les provinces concernées par des combats d’une très longue durée ? Que disent les partisants de la scission de la Province ?

Dans cette réflexion l’esprit renvoit aussi aux suppléants des Gouverneurs qui ont en même temps été élus Députés Nationaux ou Provinciaux. Est-ce qu’ils seront flexibles ? La situation semble confuse. Et les Assemblées fonctionnent pour faire quoi alors qu’ils n’ont plus de contrôle sur les Gouverneurs militaires et policières.

La dictature devient un fait. Les politicologues et juristes ont de la matière.

Qui vivra verra !!!

Hon. Naasson KUBUYA NDOOLE « KUNDOS »
Le Progressiste.

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