EST de la RDC : Danger imminent ! (Tribune)

Le Rwanda et l’Ouganda nous ont fait, et continuent à nous faire la guerre. L’objectif poursuivi était, et est toujours, de détacher la partie Est de la RDC pour en faire un nouveau pays sous leur contrôle.

Ils avaient, et ils ont toujours, derrière eux les Etats-Unis d’Amérique.

Le Chef de l’Etat congolais vient de signer des ententes militaires avec les Etats-Unis d’Amérique, avec le Kenya, qui a derrière lui les Etats-Unis d’Amérique, avec l’Egypte, dont l’armée est subventionnée à coups de milliards de dollars par les Etats-Unis d’Amérique dans le cadre des accords de paix avec Israël.

Des « experts » militaires américains viennent de débarquer dans notre pays soi-disant pour nous aider à combattre les terroristes de l’ADF-NALU et les braconniers de nos parcs.

Le Rwanda et l’Ouganda sont en train d’accueillir des soi-disant « réfugiés » afghans, à la demande des Etats-Unis d’Amérique. Pourquoi seulement ces deux pays avec lesquels nous sommes en guerre depuis plus de 20 ans ? Pourquoi seulement ces deux pays pourtant réputés surpeuplés ?

Si les avions qui atterrissent pendant la journée peuvent transporter quelques femmes et enfants pour tromper l’opinion, qui ira vérifier le contenu de ceux qui atterrissent pendant la nuit ou dans des bases sous le contrôle de la Monusco ? Qui ira compter le nombre réel de ces « réfugiés » ?

Nous devrions nous poser ces quelques questions fondamentales : de quelle sorte de réfugiés peut-il s’agir ? Ne sont-ils pas, en réalité, des militaires afghans formés, entraînés, équipés, et payés par les Etats-Unis d’Amérique tout au long de leurs 20 ans d’occupation de l’Afghanistan, occupation dont le coût global est évalué par les experts à 2.260 milliards de dollars ? L’on peut bien imaginer que ces dizaines de milliers de militaires, dont la formation a coûté cher au Trésor américain, ainsi que tout l’armement accumulé en Afghanistan pendant tout ce temps évalué à 83 milliards de dollars, ne pouvaient pas rester dans un pays désormais sous le commandement des Talibans. On peut bien imaginer aussi que l’on ne pouvait pas les ramener aux Etats-Unis. Ils ne pouvaient donc que devenir une sorte de « Légion étrangère », des unités spéciales au service des Etats-Unis d’Amérique ; unités que les services spécialisés de l’Etat américain devraient pouvoir utiliser pour des missions qu’ils ne sont pas eux-mêmes en mesure d’accomplir au grand jour dans d’autres parties du monde, au gré des intérêts politiques et géostratégiques de leur gouvernement. Ce serait, quelque part, un bon retour sur investissement. L’Afrique centrale, en général, et la RDC, en particulier, constituent un exemple typique de ces intérêts dans le cadre de l’impitoyable affrontement Orient-Occident.

La base logistique de la MONUSCO est installée à Entebe, en Ouganda, et non en RDC. C’est là où se trouve le centre de traitement de toutes les informations fournies par les satellites et les drones. La MONUSCO capte donc toutes les communications et images de la sous-région. Elle entend tout et voit tout. Elle sait donc tout. C’est à la base logistique que sont stockées les armes les plus modernes et les plus sophistiquées sur le plan technologique. Elle est présente dans notre pays depuis plus de 20 ans sans que la paix n’y revienne.

Et la MONUSCO est financée principalement par les Etats-Unis d’Amérique.

Pendant le couvre-feu à Kinshasa, seuls les véhicules de l’ambassade des Etats-Unis étaient autorisés à circuler dans la Ville de Kinshasa pendant la nuit.

Tout ceci prouve, si besoin en était encore, que nous sommes plus insécurisés que jamais.

Pendant ce temps, les acteurs politiques congolais sont distraits. Ils se lancent dans des campagnes électorales prématurés ; alors que deux ans et demi nous séparent encore des joutes électorales. Comme si cela faisait partie d’une stratégie bien montée, les confessions religieuses ne se mettent pas d’accord sur le nom d’un candidat à placer à la tête de la CENI, retardant ainsi les opérations préalables à la tenue des scrutins. De l’autre côté, certaines plateformes politiques retardent inutilement le dépôt des noms de leurs candidats au Bureau de la CENI, ou continuent d’exiger des réformes. Elles projettent même des marches de protestations ; alors que les délais sont pratiquement forclos pour les opérations préélectorales incontournables. Et des violences physiques se multiplient contre les ressortissants de la province d’origine du Chef de l’Etat par les partisans de certains candidats à la présidence de la République, au risque d’embraser toute la Ville de Kinshasa, voire tout le pays au profit des tireurs des ficelles qui visent pourtant au final la balkanisation de notre pays.

Pendant ce temps, les si nombreuses ONG œuvrant dans notre pays ne pensent même pas à organiser, ensemble avec les partis politiques, une marche rassemblant 10 % de la population de Kinshasa, soit 1 million de personnes au moins, en vue d’exprimer la colère des Congolais, de signifier aux Américains et autres puissances occidentales que les Congolais ne lâcheront pas un seul millimètre de leur sol. Une telle marche, qui pourrait se terminer par une veillée au Stade des Martyrs, par exemple, permettrait à la population kinoise de communier et de témoigner sa solidarité avec nos compatriotes de la partie Est du pays. Ce serait également un message fort pour leur réaffirmer que nous sommes un seul peuple et que nous formons une seule nation ; cette grande action de patriotisme et de solidarité pouvant s’organiser dans toutes les provinces de notre pays.

Pendant ce temps, l’Union Sacrée, qui dispose d’une très confortable majorité de près de 80 % d’élus au Parlement, reste muette. Est-ce par ignorance, par inconscience, par insouciance, ou par lâcheté ? Elle est pourtant constituée d’hommes et de femmes entre les mains de qui les populations congolaises ont placé leur destin. A moins que, ivre de lait, elle préfère préserver les avantages de son confort matériel du moment. Comment, dès lors, ne pas nous demander si le « déboulonnage » de la coalition FCC-CACH et le chambardement politico-judiciaire qui s’en était suivi ne visaient pas que la déstabilisation des institutions de la République en vue de les affaiblir et de faciliter ainsi le démantèlement à terme de notre pays ?

Pendant ce temps, l’UDPS, ce parti en qui le peuple congolais avait placé tous ses espoirs, est neutralisée par l’imposition à sa tête d’un leadership inapte à appréhender le jeu des grandes puissances, les enjeux géostratégiques du moment, et les dangers que court notre mère-patrie afin de pouvoir mobiliser la population, les synergies et les intelligences pour nous défendre. Un leadership qui, comme des bambins dans une cour de récréation, passe le temps dans des futilités et des chamailleries anodines. Un leadership davantage préoccupé par des préoccupations d’enrichissement personnel rapide que par la poursuite du renforcement du Parti afin que celui-ci puisse disposer de la force nécessaire pour accomplir sa mission existentielle : procurer le bien-être aux populations congolaises et booster l’émergence de la RDC. Tout se passe comme si l’anéantissement manifestement délibéré et planifié de l’UDPS, un parti politique puissant, constitué de toutes les couches de la population et de toutes les catégories sociales, un parti politique constitué de millions de jeunes courageux et déterminés, un parti politique dont les membres ont fait la démonstration de leur patriotisme, et qui, pour toutes ces raisons, avait toujours été redouté par les ennemis du Congo ; tout se passe, disions-nous, comme si cet anéantissement faisait partie du vaste complot international contre notre pays.

Pendant ce temps, la population congolaise, chloroformée par les Eglises, perd son temps à tendre les bras vers le ciel, implorant la protection divine, là où les autres peuples du monde fabriquent ou achètent les armes pour se battre et défendre leur souveraineté. Les ennemis du Congo ayant bien compris cette naïveté, déversent dans notre pays des tonnes de Bibles pendant qu’ils multiplient les manœuvres pour nous empêcher de nous procurer des armes, encore moins d’en fabriquer nous-mêmes.

Très chers compatriotes, nous sommes dans une course contre la montre pour la survie de notre pays. Notre maison commune est sur le point d’être emportée par le torrent boueux de l’impérialisme. Mettons entre parenthèses nos querelles politiciennes. Taisons nos ambitions individuelles. Mobilisons-nous pour sauver ce beau cadeau que la Providence nous a fait : la RDC, notre mère-patrie.

Kinshasa, le 27 août 2021

Corneille MULUMBA
Membre co-fondateur de l’UDPS

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